
Dans toutes les sociétés, le paysage médiatique joue un rôle déterminant dans la formation de l’opinion publique et dans l’évolution collective, qu’elle soit intellectuelle, politique ou sociale. Les médias structurent la manière dont les citoyens comprennent leur environnement, interprètent les événements et participent à la vie civique. Ils créent des espaces de dialogue, diffusent les idées nouvelles, interrogent les modèles de développement et accompagnent les transformations culturelles. Lorsqu’un paysage médiatique est riche, pluraliste et vivant, il devient un moteur de modernisation et un levier fondamental pour renforcer l’esprit critique et l’engagement citoyen.
Ces rôles reposent sur trois piliers dans le paysage médiatique politique: les journalistes, les intellectuels et les responsables politiques. Les premiers produisent l’information, enquêtent, expliquent et donnent du sens. Les seconds alimentent la réflexion, théorisent les mouvements de fond et proposent des cadres d’analyse. Les troisièmes portent une vision, interagissent avec la presse et s’exposent au débat public. Leur interaction crée une dynamique indispensable au fonctionnement d’un espace médiatique sain. Or, aujourd’hui, cette triangulation fonctionne moins bien, les voix intellectuelles se font rares, le débat politique se déplace vers des formats de plus en plus superficiels, et le journalisme d’analyse peine à résister à la pression du court, du viral et de l’instantané. Ce manque se ressent dans la qualité du débat public marocain.
Dans ce vide, une quatrième catégorie d’acteurs a émergé avec une force inattendue: Les influenceurs. Propulsés par les réseaux sociaux, ils se sont imposés comme des communicateurs puissants, dotés d’un accès direct à des communautés massives/restreintes mais soudée et proche et souvent plus réactives que les audiences traditionnelles. Leur présence redéfinit la circulation de l’information, modifie les équilibres habituels et introduit de nouveaux codes dans l’espace médiatique. Certains se limitent au divertissement, d’autres adoptent une posture quasi éditoriale, et quelques-uns commencent à aborder des sujets de société ou de politique. Que cela plaise ou non, les influenceurs participent désormais à la construction de l’opinion et contribuent à reshaper le paysage médiatique, ouvrant la voie à de nouvelles formes de narration, mais aussi à de nouveaux défis en matière de fiabilité, de nuance et de responsabilité. Dans ce sujet ou je m’intéresse quand même au paysage politique, je pense tout de même qu’ils contribuent dans la politique que cela soit d’une manière directe ou indirecte. (exemple parler d’innodation, de manque d’infrastructure, louer l’organisation d’un événement sportif etc)
C’est précisément dans ce contexte de transformation, marqué à la fois par l’affaiblissement des acteurs traditionnels du débat public et par l’irruption de nouvelles figures issues des plateformes numériques, qu’un autre phénomène mérite une attention particulière : l’essor du podcast. À mi‑chemin entre les médias classiques et les logiques d’influence propres aux réseaux sociaux, le podcast occupe une position singulière dans l’écosystème médiatique contemporain. Il combine la profondeur de l’analyse, la liberté de ton et la flexibilité formelle, tout en bénéficiant des modes de consommation propres au numérique.
Ce format s’impose désormais comme un espace alternatif de production de savoirs, de discussions argumentées et de participation citoyenne et sans forcément d’investisseme,nt conséquent, comme il peut être fait de sa chambre. Aussi, Il attire autant les journalistes en quête de nouveaux terrains d’expression que les chercheurs, les acteurs culturels ou les citoyens désireux d’investir un espace de parole moins contraint que les médias traditionnels. Dans un moment où la société marocaine exprime un besoin croissant de compréhension, de nuance et de pluralité, le podcast apparaît comme un outil structurant pour réintroduire de la profondeur dans l’espace public.
Ainsi, l’analyse de ce format permet de saisir une mutation plus large des modalités de production, de diffusion et de réception du discours public au Maroc. Le podcast, par sa nature hybride, constitue aujourd’hui un observatoire privilégié pour comprendre la redéfinition des rôles, des acteurs et des dynamiques qui façonnent le paysage médiatique contemporain que ce soit en politique ou en société.
Partie 1 : Contexte Marocain
L’essor du podcast au Maroc produit des effets significatifs sur la configuration du paysage médiatique et sur les modalités de participation au débat public. Ce format, qui conjugue liberté narrative, flexibilité d’écoute et accessibilité technique, représente aujourd’hui un vecteur de transformation des pratiques médiatiques, particulièrement chez les jeunes générations. Le podcast contribue ainsi à redéfinir la manière dont l’information, les idées et les récits circulent dans la société marocaine.
Le premier effet notable réside dans la reconfiguration des usages médiatiques. Contrairement à la télévision et à la radio, structurées autour d’une grille horaire, le podcast s’inscrit dans une logique de consommation à la demande, adaptée au rythme quotidien des auditeurs. Cette flexibilité favorise l’écoute prolongée, la concentration et la fidélisation. Les auditeurs, notamment les 18–35 ans, privilégient désormais des contenus qu’ils sélectionnent volontairement et qui répondent à un besoin de compréhension, d’apprentissage ou d’accompagnement. Le succès croissant du podcast témoigne d’une recherche d’un rapport moins passif et plus autonome à l’information.
Sur le plan intellectuel et citoyen, le podcast joue un rôle décisif dans la réactivation du débat public. Là où les formats audiovisuels traditionnels peinent à offrir du temps long, le podcast permet l’exposition détaillée d’idées complexes, de récits personnels et d’analyses spécialisées. Il crée un espace où peuvent s’exprimer des thématiques rarement traitées dans les médias généralistes : politiques publiques, dynamiques sociales, développement local, éducation, les hôpitaux, mobilités sociales, etc.
Je pense par exemple à Omar Balafrej qui était le premier à faire un podcast politique pour s’adresser aux marocains sur des sujets de société, de politique et du quotidien d’un parlementaire. Taoufik Bouachrine est aussi parmi les pionniers dans la démocratisation de la politique via son émission « Kalam fi Siasa ». D’autres acteurs aussi ont commencé cela et y ont cru, et cela paye aujourd’hui, comme Rachid Achachi via ODC TV ou sa chaine à son nom. En parlant de Rachid, Je pense également que Luxe Radio a été la première radio / premier acteur officiel à enregistrer ses programmes et à les rendre disponibles dans un format podcast avant même qu’on le nomme ainsi.
Reda Taoujni et Hamid Mehdaoui, quant à eux, ont fait de YouTube la tribune de leur travail journalistique et médiatique : le premier dans ce que j’appelle le journalisme régional, et le second dans le commentaire politico‑social de l’actualité.
Ce canal contribue sans doute à pluraliser l’espace public marocain en donnant la parole à des profils diversifiés chercheurs, experts, entrepreneurs, militants, mais aussi citoyens ordinaires et en instaurant une forme de décentralisation de la parole.
Parce que finalement, les influenceurs réalisent un travail très pertinent à travers la création de contenu. Un entrepreneur, en parlant de son écosystème et en fédérant une communauté autour de lui, contribue à installer une dynamique positive de résolution de problèmes. De la même manière, un médecin dans un hôpital public qui vulgarise les enjeux de santé, ou encore un acteur culturel qui explique les questions liées aux subventions ou aux infrastructures théâtrales, participe à éclairer des réalités souvent peu visibles.
Ces influenceurs jouent un rôle dans la valorisation intrinsèque de leur micro‑environnement : ils mettent en lumière des besoins, des dysfonctionnements, des réussites et des initiatives locales. En faisant cela, ils rapprochent symboliquement l’offre et la demande, c’est‑à‑dire les acteurs politiques, institutionnels ou administratifs d’un côté, et les attentes du terrain de l’autre. Ils créent une forme de médiation nouvelle, ancrée dans le vécu et l’expérience.
Dans ce cadre, le podcast devient un outil essentiel pour ces influenceurs. Il leur permet non seulement de créer de la valeur ajoutée, mais aussi de contribuer pleinement à la dimension politique au sens large du terme : soit en révélant de nouveaux besoins et en stimulant une forme de « jurisprudence politique », soit en mettant en lumière des problèmes précis et en participant à leur résolution. C’est cette articulation entre expertise de terrain, capacité de narration et proximité avec les publics qui fait du podcast un levier puissant dans la transformation de la vie publique et médiatique.
Le format podcast voit émerger une nouvelle catégorie d’intermédiaires, des podcasteurs dont la légitimité repose sur la cohérence de leur propos, la qualité de leur narration et la relation de confiance qu’ils instaurent avec leur audience. Ces acteurs ne s’inscrivent pas nécessairement dans les logiques institutionnelles du journalisme ou de l’expertise, mais ils occupent une place croissante dans la formation des opinions. Leur autorité symbolique repose sur un rapport direct avec l’auditeur. À travers cette dynamique, de nouvelles figures de référence émergent, reconfigurant les critères de crédibilité dans l’espace médiatique.
On peut également s’intéresser à la notion de libre marché et à la manière dont les écosystèmes numériques fonctionnent selon des mécanismes d’autorégulation. Dans cet univers, ce sont les usages, les partages, les commentaires, les recommandations et l’engagement des communautés qui jouent le rôle d’arbitres. La qualité finit généralement par émergerpar sélection naturelle car le contenu pertinent, précis, bien construit, est progressivement mis en avant, tandis que le contenu superficiel ou redondant s’essouffle.
Il existe toutefois un paradoxe intéressant, dans les premières phases d’un marché libre, la forme peut dominer le fond. Une bonne qualité d’image, un son propre ou une production soignée peuvent donner l’illusion de crédibilité et favoriser une ascension rapide, indépendamment de la profondeur du propos.
Mais dans le long terme, le public devient plus exigeant. L’écrémage se fait naturellement : les auditeurs apprennent à distinguer la valeur ajoutée réelle de la seule mise en scène. Autrement dit, même si la forme peut séduire, c’est le fond qui finit par s’imposer, car un marché participatif repose sur la satisfaction durable de la demande et la demande recherche tôt ou tard de la substance / l’offre.
Ce principe libéral propre aux réseaux sociaux et aux podcasts favorise l’émergence, l’expérimentation et la diversification. Comme dans le domaine artistique, on observe une scène « mainstream », portée par des créateurs très visibles et fortement suivis, et une scène « underground », constituée de podcasteurs ou de créateurs de contenu peu connus mais profondément engagés, passionnés, rigoureux, qui produisent un contenu de niche sans forcément rechercher la notoriété. Cette dimension underground apporte une richesse essentielle vu qu’elle attire des communautés qui souhaitent se différencier par un contenu plus pointu, plus audacieux ou plus spécialisé.
Cette coexistence entre formats dominants et niches engagées forme un écosystème complet, où chaque catégorie joue un rôle dans la circulation des idées et l’innovation médiatique. Et dans ce paysage fluide, autorégulé, le podcast s’impose comme un terrain particulièrement fertile car il favorise l’expérimentation, permet la montée en qualité par la sélection naturelle des publics, et contribue à renouveler l’offre médiatique à travers une diversité de voix, de styles et d’approches.
Face à cette évolution rapide au Maroc, plusieurs radios, chaînes de télévision et journaux marocains ont engagé un processus d’adaptation, témoignant de la reconnaissance du format. Les stations de radio, je pense par exemple à Radio Mars, ont commencé à convertir leurs émissions phares en podcasts réservés au digital, offrant une écoute différée qui répond aux attentes d’un public mobile. Les chaînes de télévision un peu moins mis à part peut-être Medi 1 TV qui a adopté la même logique en proposant des formats conversationnels ou des extraits d’émissions convertis en épisodes podcast, réorganisant ainsi leurs contenus pour les rendre compatibles avec les plateformes audio/Youtube.
Les journaux, quant à eux, expérimentent des narrations hybrides mêlant enquêtes, analyses et lectures audiovisuels de leurs articles, renforçant leur présence dans un environnement médiatique en mutation. Je pense ici par exemple à TelQuel et à The voice de Youness Masskine. Cette tendance témoigne d’une volonté d’élargir leur audience tout en s’inscrivant dans les codes d’une culture médiatique dominée par la demande de flexibilité et d’accessibilité. En adoptant le podcast, les médias traditionnels cherchent à maintenir leur pertinence dans un paysage où la temporalité et les modes de consommation sont profondément transformés.
Partie 2: Les défis du Podcast au Maroc
L’essor du podcast intervient dans un paysage médiatique marocain déjà marqué par une série de fragilités historiques et structurelles. À mesure que ce format gagne en popularité et en influence, il révèle et accentue les tensions préexistantes dans l’organisation de la communication politique, dans la production de l’information et dans le fonctionnement du débat public. Le podcast modifie les contours, en complique certains aspects, et en ouvre d’autres que les institutions n’avaient pas anticipés. C’est précisément cette réorganisation silencieuse qui oblige aujourd’hui à repenser les logiques de gouvernance de l’espace médiatique.
Le premier défi est d’ordre structurel. Le Maroc ne dispose pas encore d’une véritable industrie audio/visuel capable d’accompagner la montée en puissance des formats numériques. Les studios professionnels restent peu nombreux.
Mais c’est sans doute sur le plan réglementaire que les défis sont les plus sensibles. Est ce qu’une personne qui n’a pas de carte de presse pourrait être poursuivi en faisant le travail d’un journaliste dans un podcast ? (D’ailleurs pareil pour les bloggeurs qui écrivent des articles comme moi)
Le podcast évolue dans une zone grise juridique. Il n’est ni tout à fait un média traditionnel, ni tout à fait une création numérique personnelle, ni tout à fait un contenu d’influence. Les podcasteurs ne relèvent d’aucun statut professionnel clair car ils ne bénéficient pas des protections du journaliste, mais peuvent être soumis à certaines obligations qui s’appliquent aux créateurs de contenu. Cette indétermination rend l’exercice de la parole politique à la fois plus libre et plus vulnérable. Libre, car la régulation institutionnelle est moins présente ; vulnérable, car les risques juridiques liés à des sujets sensibles comme la gouvernance, les institutions, la religion ou la sécurité nationale sont souvent mal compris par les créateurs.
L’arrivée du podcast vient également perturber la manière dont l’espace politique marocain est structuré. Longtemps, l’expression politique passait par des canaux bien identifiés : la télévision publique, quelques radios privées, la presse écrite, puis les réseaux sociaux récents mais codifiés. Le podcast introduit un circuit parallèle, plus souple, plus horizontal, moins soumis aux filtres institutionnels. Cette porosité nouvelle inquiète parfois, car elle échappe en partie aux mécanismes habituels d’encadrement de la communication politique. Elle questionne aussi la manière dont les acteurs politiques devront désormais interagir avec ces nouveaux espaces, de plus en plus prisés par les jeunes et par les publics à forte appétence citoyenne.
Nous allons assister dans quelques mois par exemple aux élections qui vont pour moi se dérouler en grosse partie sur Youtube.
Enfin, le podcast met en évidence un défi de légitimité et de reconnaissance symbolique. Qui a le droit de produire du sens, de commenter le politique, de formuler des diagnostics sur la société marocaine ? Les journalistes, les experts, les universitaires, les institutionnels ont longtemps occupé seuls cet espace. L’irruption de podcasteurs non affiliés, autodidactes, très suivis, recompose l’ordre traditionnel de la parole publique. C’est un changement majeur, qui interroge en profondeur les modèles de crédibilité, d’autorité et de responsabilité dans l’espace médiatique.
Ainsi, les défis ne tiennent pas tant au podcast en tant que format, qu’à ce qu’il révèle : un paysage médiatique marocain en transition, confronté à une diversification des acteurs, à une multiplication des canaux d’expression et à une transformation rapide des usages citoyens. Cette mutation impose désormais une réflexion renouvelée sur la manière d’organiser, de réguler et de nourrir l’espace médiatique politique de demain.
Conclusion
L’essor du podcast au Maroc, ouvre aujourd’hui un champ d’opportunités considérables que la société, les institutions médiatiques et les acteurs culturels gagneraient à saisir pleinement.
Sur le plan culturel, le podcast représente un outil de transmission et de valorisation inédit. Il permet de faire circuler les récits, les savoirs et les expériences à un rythme adapté aux modes de vie marocain, tout en restant fidèle à une tradition orale profondément ancrée dans l’histoire marocaine. Sa flexibilité narrative en fait un support privilégié pour documenter les transformations sociales, revisiter les patrimoines, et ouvrir des espaces d’expression quelque soit la langue, sans contrainte de format ni de temporalité.
Sur le plan économique, le podcast offre un terrain fertile pour l’émergence d’un écosystème professionnel nouveau : studios de production modeste, plateformes locales, partenariats créatifs, sponsoring narratif, formations spécialisées. Au-delà d’un marché encore modeste, il s’agit d’un secteur porteur d’innovation, capable de générer des emplois et de diversifier les industries culturelles du pays.
Les opportunités démocratiques, sont peut‑être les plus prometteuses. Le podcast permet de condenser en une seule session d’écoute plusieurs perspectives, plusieurs niveaux d’analyse, plusieurs voix qui ne coexistent habituellement pas dans les médias classiques. Un épisode bien construit offre un gain de temps considérable en donnant à entendre des témoignages, des retours d’expérience, des analyses d’experts ou des éclairages institutionnels que l’auditeur absorberait, autrement, en plusieurs heures de lecture ou de visionnage éclaté. Cette densité la rend plus accessible. Elle met à la disposition d’un public élargi des outils intellectuels pour comprendre les enjeux politiques, économiques et sociaux qui structurent le pays. Capitaliser sur ces opportunités suppose toutefois un investissement concerté par encourager la formation en narration audio, soutenir les créateurs émergents, développer des dispositifs de financement adaptés, et intégrer le podcast dans une stratégie globale de modernisation culturelle et médiatique.
Cette dynamique s’accompagne inévitablement d’une reconfiguration du paysage médiatique politique marocain. Le podcast introduit un espace de parole qui ne répond plus aux logiques traditionnelles de hiérarchie, de temporalité ou de légitimation. Il déplace les frontières entre expertise, témoignage et analyse citoyenne. Le podcast il modifie aussi les modalités de la mise en scène du débat public.
Dans ce nouvel environnement, les acteurs politiques désormais amenés à dialoguer avec des plateformes plus horizontales, plus indépendantes, et souvent plus exigeantes intellectuellement. (car indépendante : libre de financement).
Le podcast démocratise l’accès à la parole en permettant à des citoyens, des experts indépendants, des professionnels, ou des jeunes chercheurs de proposer des lectures alternatives du réel, en dehors des cadres convenus. Il rebat ainsi les cartes de la production du sens et redistribue les rôles dans l’espace public.
Ce canal donc annonce une mutation profonde de la culture politique marocaine. En donnant une visibilité nouvelle à des voix auparavant marginalisées et en favorisant des modes d’expression plus incarnés, le podcast contribue à diversifier les références, à complexifier les imaginaires politiques, et à ouvrir des espaces de médiation moins polarisés que ceux offerts par les réseaux sociaux. Il crée une zone de respiration intellectuelle où la parole peut s’élaborer sans la contrainte de l’immédiateté ni la pression de la mise en scène. En ce sens, il agit comme un vecteur de démocratisation médiatique, mais aussi comme un révélateur d’un besoin croissant de réflexion collective, de pluralité et d’écoute.
Ainsi, le podcast s’impose comme l’un des instruments les plus significatifs de la modernisation médiatique du Maroc. Il en questionne les limites, en enrichit les pratiques et élargit les horizons. S’il parvient à dépasser les défis qui freinent encore sa structuration, il pourrait bien devenir l’un des leviers majeurs de la construction d’un espace public marocain plus ouvert, plus nuancé et plus inclusif et surtout un espace capable d’accompagner les aspirations d’une société en pleine transformation.

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